La nuit des masques
Séparés par le trait d’une sombre frontière,
Deux visages d'azur, d’or et de vive terre
Se guettent en silence au cœur du cosmos noir,
Captifs d'un infini qui n'a plus de miroir.
À gauche, l'œil perçant fixé sur l'invisible,
Au profil anguleux, à la forme incertaine,
Brûle d'un feu ardent, passionnel et sensible,
Nourri d'un jaune vif et de teintes d'ambre pures.
En face, dans l'ombre bleue, un autre œil est posé,
Comme un astre isolé dans le froid de la nuit.
Autour d'eux, les couleurs s'enflamment sans bruit,
Éclats de rouge chaud et de vert apaisé.
Une étoile au loin brille en joyau solitaire,
Témoin de ce dialogue étrange et singulier,
Où deux âmes d'esprit, sans jamais se toucher,
Échangent un seul regard qui traverse la terre.
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